Être entrepreneur et diriger une TPE ou PME, c’est porter beaucoup de casquettes à la fois. Et à force de tout gérer seul, on finit par développer des habitudes qui semblent efficaces mais qui, en réalité, plombent l’organisation, épuisent l’énergie et freinent la croissance. Le pire : elles s’installent si progressivement qu’on ne les voit plus.
Voici 13 habitudes courantes chez les dirigeants de petites structures – et pourquoi il est temps de les abandonner.
1. Ne jamais se ménager de temps pour réfléchir
Entre les appels, les devis à envoyer, les clients à rappeler et les urgences du jour, il ne reste plus de place pour penser. Pourtant, prendre une heure par semaine pour réfléchir à la direction de son activité, identifier ce qui ne fonctionne pas et anticiper les prochaines échéances n’est pas du temps perdu. C’est du temps investi.
2. Confondre activité et productivité
Être occupé ne signifie pas avancer. Répondre à des mails, classer des documents, mettre à jour un tableau Excel : toutes ces tâches donnent l’impression d’être utile. Mais si elles n’ont pas d’impact direct sur le chiffre d’affaires ou le développement de l’activité, elles ne font que remplir le temps. La vraie question n’est pas « est-ce que je travaille ? » mais « est-ce que ce que je fais aujourd’hui fait avancer mon activité ?«
3. Procrastiner et reporter les tâches ingrates
Les devis en attente depuis une semaine, la relance client qu’on repoussait depuis dix jours, la facture qu’on n’a pas encore envoyée parce qu’on n’a pas eu le temps : la procrastination coûte cher aux TPE. Un devis envoyé avec quatre jours de retard, c’est souvent un devis perdu. Une relance repoussée, c’est un encaissement retardé. Les tâches qu’on reporte ne disparaissent pas : elles s’accumulent et deviennent des urgences.
4. Tenir des listes de tâches qu'on ne finit jamais
Une liste qui grossit chaque jour sans jamais diminuer n’est pas un outil de gestion : c’est une source d’anxiété. Si des tâches restent sur la liste depuis plusieurs semaines, c’est qu’elles ne sont pas prioritaires, pas réalistes ou pas à votre place. Elles doivent disparaitre, être déléguées ou planifiées à une date précise. Une liste infinie donne l’illusion du contrôle tout en générant une pression constante.
5. Négliger sa vie personnelle et ne jamais recharger les batteries
Un dirigeant épuisé prend de mauvaises décisions, répond mal à ses clients et finit par ne plus avoir l’énergie de développer son activité. L’entreprise a besoin que vous soyez en forme, pas que vous soyez présent à toute heure.
Travailler le soir, le week-end, pendant les vacances, sans jamais déconnecter vraiment, n’est pas une preuve d’investissement. C’est une marche vers le burnout. Poser des limites claires entre temps de travail et temps personnel n’est pas un luxe : c’est une condition de durabilité.
6. Tout décider soi-même sans jamais déléguer
Vouloir valider chaque mail envoyé, chaque devis, chaque décision opérationnelle est compréhensible quand on démarre. Mais passé un certain stade, c’est un frein. Cela ralentit l’exécution, crée des goulots d’étranglement et empêche vos collaborateurs de monter en compétence et en autonomie.
Je les connais les dirigeants de TPE qui gardent des tâches qui pourraient être confiées à quelqu’un d’autre, non par manque de confiance, mais par habitude, par économie supposée ou par peur de perdre du temps à expliquer. Le résultat : des journées surchargées de tâches à faible valeur ajoutée, un agenda qui ne laisse aucune place au développement commercial, et une dépendance totale à sa propre présence pour que l’activité tourne. La gestion des devis, la facturation, les relances, la mise à jour du CRM, la gestion d’agenda : ce sont des missions qui se délèguent à une secrétaire indépendante (auto-promo, faut bien que mon blog me serve aussi) .
7. Consulter ses mails en continu
8. Se comparer aux autres en permanence et s'autocritiquer à l'excès
Observer ce que font les concurrents peut être utile de temps en temps. En faire une obsession, non.
La comparaison permanente nourrit le doute, détourne l’attention de ses propres clients et de ses propres résultats, et pousse à des décisions réactives plutôt que stratégiques. Votre seul vrai indicateur, c’est votre propre trajectoire : est-ce que votre activité avance dans la bonne direction ?
Les entrepreneurs sont souvent leurs propres juges les plus sévères. Ruminer une décision ratée, se reprocher un devis perdu, douter en permanence de ses choix : cette voix intérieure use l’énergie et brouille le jugement. L’autocritique excessive n’améliore pas les performances : elle les plombe.
9. Commencer sa journée sur le téléphone
Attraper son téléphone dès le réveil pour consulter ses mails ou ses notifications, c’est entrer dans la réactivité avant même d’avoir bu son café. La journée se construit alors sur les urgences des autres plutôt que sur ses propres priorités. Quelques minutes de transition entre le réveil et le travail – aussi simples qu’elles soient – permettent d’aborder la journée avec plus de clarté et moins de dispersion.
J’en parle dans mon article « comment je gère mes journées de maman solo entrepreneure » : j’ai programmé ma sim pro pour qu’elle s’allume à 9h et se coupe à 17h du lundi au vendredi. En dehors de ces horaires, je suis aux abonnés absents !
10. Faire plusieurs choses à la fois
Le multitâche est un mythe. Ce qu’on appelle multitâche, c’est en réalité une succession rapide de bascules d’attention entre plusieurs sujets, chacune coûtant du temps et de la qualité. Une tâche menée jusqu’au bout, même imparfaitement, vaut mieux que trois tâches menées à moitié. Finir ce qu’on a commencé avant de passer à autre chose est l’un des changements d’habitude les plus simples à mettre en place – et l’un des plus efficaces.
11. Ne pas s'entourer
Beaucoup de dirigeants de TPE travaillent seuls et restent seuls face à leurs problèmes. Pas de réseau actif, pas de prestataires de confiance, pas d’interlocuteurs pour prendre du recul. Or s’entourer – d’un comptable, d’un avocat, d’une secrétaire indépendante, d’un réseau de pairs – n’est pas un signe de faiblesse. C’est ce qui permet de se concentrer sur son cœur de métier en sachant que le reste est entre de bonnes mains.
Personnellement, j’ai gardé contact avec mon conseiller France Travail spécialisé en création d’entreprise qui m’a aidée il y a plus de 10 ans, pour 3 raisons :
- il est trop cool,
- il a la solution a tout,
- et une boite de cartes de visite qui dégueule !
Eh oui, c’est le number 1 du réseautage ! Il connait tout le monde et n’hésite pas à mettre en contact les pros entre eux.
Je participe également depuis des années aux mini formations de la CCI quand les sujets m’intéressent. J’y retrouve souvent les mêmes têtes, mais ça permet d’ancrer son activité dans un réseau professionnel local, d’échanger avec d’autres dirigeants qui vivent les mêmes réalités, et parfois de décrocher un contact inattendu grâce au bouche à oreille.
J’ai rédigé il y a longtemps l’article ci-dessous pour les secrétaires indépendantes (comme si elles étaient ma cibles… Erreur de débutante !) mais il s’applique à n’importe quel entrepreneur finalement !
Si c’est la délégation administrative qui vous freine, parlons-en.





